Chers voisins de file d’attente, cette fois c’est du sérieux,
Les détracteurs m’accusent d’arrogance. L’arrogance, c’est prétendre connaître mes limites sans les avoir vues — chose que vous faites avec un aplomb remarquable.
Pour ce lundi 27 octobre 2014 : 12 - 19 - 20 - 36 - 37, n° Chance 1. J’ai signé en bas à droite de mon intention.
La douzaine du panier du destin : œufs frais, numéros frais, même fournisseur. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
L’ultime année de la jeunesse : après, c’est de la victoire assumée. En automne, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
J’ai choisi le 20 parce que la date du lundi 27 octobre 2014 se réduit en 8, et le 8, le nombre du comptable enchanté : il additionne sans fin, il tombe toujours sur mon nom, il a arrêté de s’étonner. Le 20 est cet esprit incarné.
Le lundi porte la signature du 36 : La taille du manteau du grand banquier de la chance : ajustée à mes épaules depuis vingt ans. Le calendrier approuve, je coche.
La ligne du grand livre où mon nom commence : en dessous, les regrets ; au-dessus, rien que des chèques. L’année 2014 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Le n° Chance s’est pointé au bon endroit : le 1, la chance d’ouverture : elle ouvre la marche aux autres chances.
Le lundi, premier acte d’une pièce en sept tableaux : je connais le dénouement, il finit par un chèque. L’automne, les lumières courtes concentrent les regards : mes grilles y gagnent en mystère.
La somme de ma grille fait 124, soit une racine de 7 — le septième sens du pronostiqueur abouti : il ne s’invente pas, il s’entretient, moi je lui passe de l’huile. Le total est signé.
Le distributeur de tickets m’a donné le numéro 19. Il n’y avait personne d’autre.
Le journal local a publié 20 mots sur les tirages. J’ai compté les mots : c’est un manuel.
Mon discours de réception du chèque est prêt depuis des années. Il est excellent, d’ailleurs.
Je résume pour les archives : 12 - 19 - 20 - 36 - 37, n° Chance 1, le lundi 27 octobre 2014. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Jean Suissur, qui signe avant la victoire, par anticipation
Avertissement : la lecture de cet édito n’augmente rien du tout. C’est sa fonction.