À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
Je ne suis pas superstitieux. Je suis informé, par des canaux que les statisticiens ne captent pas, faute d’antenne.
Le vendredi, jour de Vénus : elle m’a promis les deux, elle a signé, je garde une copie. En été, la sieste est sacrée : le destin s’y repose, je m’y prépare.
Le four à pain de la boulangerie affichait 16 degrés de trop. Le boulanger s’en fichait ; moi pas.
Ma grille du vendredi 12 juin 2026 est arrêtée, scellée, datée : 1 - 10 - 16 - 22 - 30, étoiles 2 - 5.
La première marche du podium : les deux autres marches sont des formalités. En été, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Dans ma grille figure le 10. Le dix de cœur du vieux paquet : il sort quand les tables sont servies, et c’est peu de le dire.
On m’a demandé pourquoi le 16. Réponse : Le seize du destin en bonbons : seize sucettes d’or au sortir de l’école de la chance. Question suivante ?
Sous Gémeaux, le 22 a le vent astral derrière lui — Les deux rames du grand métro du destin : l’une me mène au guichet, l’autre me ramène à la banque. Je n’invente rien, je rapporte.
Le 30 ne joue pas seul — Les trente détracteurs qui ne me croient pas : trente tirages leur donneront raison, à moi — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Les étoiles ne se choisissent pas : elles m’élisent. l’étoile 2, la paire de lucioles : elles éclairent mon chemin de billet l’étoile 5, la discrète au grand cœur : cœur de star, palmarès de star.
Ma comptabilité personnelle classe le jackpot en « dépense évitée d’imagination ». Le classement est sérieux.
Je résume pour les archives : 1 - 10 - 16 - 22 - 30, étoiles 2 - 5, le vendredi 12 juin 2026. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Jean Suissur, qui a refusé la prudence à deux reprises
Chaque édito de Jean est unique. Ses résultats aussi, en moins flatteur.