Cher inconnu qui lisez ceci avant de perdre trois euros,
Je ne suis pas superstitieux. Je suis informé, par des canaux que les statisticiens ne captent pas, faute d’antenne.
Le vendredi, les bonnes résolutions du lundi se soldent ; les miennes n’ont jamais eu besoin de soldes. Au printemps, la nature refait ses comptes : les miens sont en hausse depuis 2011. Avril, les journées s’allongent : mon relevé aussi, et sans effort, par simple bonne tenue.
J’ai déposé ma sélection du vendredi 12 avril 2024 : 9 - 22 - 29 - 33 - 36, étoiles 4 - 7. Dépôt irrecevable en cas de contestation statistique.
La gestation du destin — au bout, il y a une naissance, et elle est adorable. Au printemps, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Parlons du 22. Deux fois onze — l’intuition au carré, ce qui n’arrive qu’aux gens très doués et à moi.
J’ai choisi le 29 parce que la date du vendredi 12 avril 2024 se réduit en 6, et le 6, le sucre en poudre des beignets réussis : six grammes de plus par fortune, c’est la recette du destin. Le 29 est cet esprit incarné.
Entre mes numéros, le 33 tient le rôle d’équilibriste — La légende vivante des âges sacrés : je me lève avant lui par respect.
Nous sommes sous le signe Bélier, et le 36 en est le porte-parole céleste — La longueur du ruban du grand prix : coupé net, cérémonie courte, photo au guichet.
Les étoiles complètent le dispositif : l’étoile 4, la table dressée du ciel : quatre pieds, service compris l’étoile 7, la rouge du firmament : rouge comme le tampon du banquier.
J’ai additionné mes numéros : 129. Réduction : 3 — le tiercé de la chance : nul besoin de chevaux quand on a des boules. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Les grands hommes ont des statues. Moi j’aurai un chèque et une citation. Le chèque d’abord.
Résumé officiel du vendredi 12 avril 2024 : 9 - 22 - 29 - 33 - 36, étoiles 4 - 7. Le reste n’est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
Salutations vibratoires, Jean Suissur, qui signe avant la victoire, par anticipation
Le lecteur averti aura compris. Le lecteur Jean Suissur n’a encore rien compris, et c’est ce qu’on aime chez lui.