Chers clients du destin,
Le hasard, contrairement à ce que dit votre cousin, n’est pas « bête » : il est discipliné, et il connaît mes goûts.
Le mardi 28 juin 2022, je présente au tirage la composition suivante : 2 - 12 - 17 - 29 - 46 et étoiles 1 - 7. Ils sont préparés.
Été : Les deux roues de la fortune : gonflées, huilées, prêtes à déraper chez moi seulement. La saison appelle le 2, je n’ai fait qu’exécuter.
En ce mardi, le 12 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
La marche du dix-septième étage : en dessous on habite, ici on encaisse. L’année 2022 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
La rareté bissextile : ce qui sort peu sort fort — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 46 ne joue pas seul — Le rang du grand couvert à la table des honneurs : posé pour deux, servi pour un, moi — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Le mardi, l’armure est enfilée, la lance est une grille : la bataille peut commencer. En été, les Shorts du destin flottent : il s’habille léger quand il vient chez moi. Juin, le mois des mouches et des merveilles : on trie, on garde les merveilles.
Question ciel, j’ai mes étoiles : l’étoile 1, le sommet de la pointe : on ne monte pas plus haut l’étoile 7, la sauterelle des songes : elle saute sur mes grilles.
Le lave-vaisselle a bipé 17 fois. La machine est neuve, le bip est récent, le message ne l’est pas.
Mon feuilleton a fini à 12 % d’audience hier soir. Les chaînes ne publient pas ce genre de signe pour décorer.
On dit que la fortune sourit. Dans mon cas, elle a pris un abonnement.
Je résume pour les archives : 2 - 12 - 17 - 29 - 46, étoiles 1 - 7, le mardi 28 juin 2022. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
La modeste future légende des tabacs-presse, Jean Suissur, chargé de mission auprès du destin
Nous rappelons la règle : tout est hasard. Jean rappelle la sienne : tout est Jean. Le débat continue.