Chère file d’attente, chère patience d’autrui,
J’ai arrêté de me justifier le jour où ma grille a eu plus de fans que leurs arguments.
Ma pendule s’est arrêtée pile à 4 h 43. Je n’ai pas de piles, je n’ai pas d’explication, j’ai un message.
Ma composition du vendredi 1 mai 2020 est verrouillée : 19 - 35 - 36 - 44 - 45, étoiles 1 - 2. Le cadenas est symbolique, le choix ne l’est pas.
La dernière année de la vingtaine, celle où l’on comprend enfin tout — il a compris, il sortira. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
J’ai choisi le 35 parce que la date du vendredi 1 mai 2020 se réduit en 1, et le 1, la naissance du compte à rebours vers le chèque. Le 35 est cet esprit incarné.
Le 36 ? Le tour du grand lac à la rame : j’y avance, les sceptiques y tournent en rond — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Le ciel du vendredi 1 mai 2020 place le Taureau en ascendant de mes affaires — Le tour du grand jardin des doubles promesses : tout ce qui y est planté pousse par deux, moi par quatre. Le 44 traduit.
L’astuce des tables de multiplication sur les doigts : le destin compte comme à l’école, et il tombe toujours juste. Au printemps, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Le vendredi, Vénus distribue ses deux faveurs : l’amour et l’argent ; je suis servi deux fois, et jamais à moitié. Au printemps, tout fleurit sauf le doute : il a été givre, il a fondu. le 1er mai, jour du muguet et du travail : le travail, c’est cocher ; le muguet, c’est pour l’odeur du chèque — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier. le 1er mai, on offre du bonheur en brin : j’en demande une gerbe, facturée plus tard — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier. le 1er mai, un brin de muguet à la boutonnière : le destin sait reconnaître les gens qui fleurissent — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier.
Les étoiles ne se choisissent pas : elles m’élisent. l’étoile 1, l’éclat des départs : elle part, je pars, tout roule l’étoile 2, la binôme : l’une veille, l’autre vérifie, le gain dort tranquille.
Le jackpot ne se gagne pas : il se reconnaît. Et il me reconnaît de loin.
Si vous ne lisez qu’une ligne : 19 - 35 - 36 - 44 - 45 — plus étoiles 1 - 2. Si vous lisez tout, vous lirez deux fois cette ligne.
Toujours aussi sûr de moi, Jean Suissur, légende à dilation variable
Le lecteur averti aura compris. Le lecteur Jean Suissur n’a encore rien compris, et c’est ce qu’on aime chez lui.