Chers clients du destin,
On m’a volé une grille en 2014. Le voleur m’a renvoyé une carte de remerciements anonyme. Je le méritais.
Le mardi, Mars veille sur les soldats et sur les joueurs : les seconds ont l’avantage, ils n’ont pas besoin d’uniforme. L’automne, la saison des clairvoyants qui ressortent : les vrais sont restés, c’est moi.
Mon stylo a laissé tomber sur 17, page ouverte, comme on laisse tomber une vérité.
Ma grille du mardi 12 septembre 2017 est une promesse de lancement : 7 - 9 - 10 - 17 - 29, étoiles 1 - 11.
Que tout le monde veut, et que peu obtiennent : la rareté, mes amis, ça se gère. L’année 2017 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Automne : Le chat de la numérologie : plusieurs vies, toutes gagnantes. La saison appelle le 9, je n’ai fait qu’exécuter.
La décimale de la gloire, celle qu’on imprime en gros. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Dans ma grille figure le 17. L’antichambre du palier des grands : on y attend son tour, le mien est passé, et c’est peu de le dire.
La boule des calendriers spéciaux : elle attend les occasions, moi je crée les occasions. Et c’est un mardi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Deux étoiles, comme le veut la tradition céleste : l’étoile 1, la première de la constellation : les autres ne font que la précéder l’étoile 11, la gardienne du lot : elle range les gains par ordre d’arrivée.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Ce que je joue au mardi 12 septembre 2017 tient en une phrase : 7 - 9 - 10 - 17 - 29, et étoiles 1 - 11 pour tenir ma main.
Avec un sourire qui inquiétait la caissière, Jean Suissur, l’homme qui rend le destin ponctuel
Cet édito n’engage que l’équipe d’écriture, à savoir Jean, à savoir personne d’autre.