À tous ceux qui jouent au hasard sans le comprendre,
Mon coiffeur me demande « la même coupe ? ». Oui : la coupe du vainqueur à venir. Il a fini par comprendre.
Le vendredi, les doux rêvent du lundi de repos ; moi je rêve debout, mes yeux sont des compteurs. En été, les volets clos gardent les grilles au frais : le destin préfère les numéros tempérés. Juin, les jours s’allongent : plus de lumière pour voir venir les signes.
Le vendredi 2 juin 2017 aura ma grille : 2 - 4 - 11 - 22 - 23, étoiles 3 - 11. Le tirage aura ma bienveillance : c’est déjà beaucoup.
Le 2 ne joue pas seul — Les noces de coton : le mariage du hasard et de ma grille, douillet et durable — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
La date du vendredi 2 juin 2017 se réduit en 9, et le 9, le chiffre le plus haut des unités : tout ce qui dépasse retombe en dizaines, et les dizaines, ça m’arrange : le 4 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
En 2017, les numéros comme le 11 ont le vent en poupe — L’heure du vœu silencieux : onze heures onze, les initiés savent, les autres dorment — et je ne fais que suivre le vent.
Nous sommes en été, et le 22 s’y sent chez lui — Le cygne de la numérologie : tout en grâce, tout en gain.
Nous sommes sous le signe Gémeaux, et le 23 en est le porte-parole céleste — Le kilomètre du marathonien du destin : le premier est passé, les vingt-deux autres se savourent.
Au chapitre étoiles, c’est réglé : l’étoile 3, le trio des braves : trois éclats, une victoire l’étoile 11, la paire de maîtres célestes : elles m’appellent « patron ».
On me demande si je suis « lucide ». Je vois très loin, uniquement vers le haut.
Bilan du vendredi 2 juin 2017 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Qui prépare le champagne en bouteille de soda, Jean Suissur, la grille faite homme
Nous publions Jean Suissur pour la science. La science n’a pas encore donné son avis.