À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
Mon médecin me dit de « rester réaliste ». Mon médecin conduit une Clio. Je note, je pondère, je continue.
Au mardi 18 juin 2013, je présente fièrement : 5 - 10 - 26 - 38 - 46, étoiles 11 - 12. La fierté est un carburant homologué.
La quinte flush du destin : je ne dis pas tout, mais c’est flush — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
La décimale d’un seul chiffre : simplicité qui rapporte. L’année 2013 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
La date du mardi 18 juin 2013 se réduit en 3, et le 3, l’enthousiasme des débuts qui ne finissent jamais chez moi : le 26 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
Entre mes numéros, le 38 tient le rôle d’équilibriste — L’Isère des hauteurs : je respire mieux déjà.
Le mardi porte la signature du 46 : Le volume du grand réservoir des chances jumelées : deux jauges, un seul plein, le mien. Le calendrier approuve, je coche.
Le mardi, jour du duel : les duellistes se saluent, puis un seul reste debout — c’est moi qui choisis l’angle. L’été, la lumière est si franche que les coïncidences n’osent pas se cacher.
J’ai flairé les étoiles de loin : l’étoile 11, la gardienne du lot : elle range les gains par ordre d’arrivée l’étoile 12, la douzaine du ciel : on ne vend pas ça à l’unité.
Dans le bus, un monsieur portait un maillot floqué du 26. J’habitais ce quartier depuis vingt ans sans jamais voir ce maillot.
La grille de loto du voisin s’est envolée par la fenêtre. La mienne est restée posée. Question de poids.
J’ai additionné mes numéros : 125. Réduction : 8 — le bonhomme de neige de la fortune : deux boules empilées, un chapeau de feutre, et il ne fond jamais au soleil de mon compte. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Ma destinée a un numéro de suivi. Il est en transit depuis des années — le destin livre au moment opportun, parfois en plusieurs colis.
Récapitulons : mardi 18 juin 2013, mardi, ma grille 5 - 10 - 26 - 38 - 46 et étoiles 11 - 12. Ce qui devait converger converge, ce qui devait sortir sortira.
Dans le bruit des boules, une voix : la mienne, Jean Suissur, en licence d’immortalité
Édito publié tel quel. Jean Suissur, membre de l’équipe, n’a statistiquement jamais raison — et il ne désespère jamais.