À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
Les détracteurs m’accusent d’arrogance. L’arrogance, c’est prétendre connaître mes limites sans les avoir vues — chose que vous faites avec un aplomb remarquable.
Le mardi, les stratèges consultent leurs cartes ; moi je consulte mes carnets, et les carnets disent oui. Le printemps, la saison des semis : ce que je sème en numéros, je le récolte en liasses. Mai, les roses ouvrent leurs boutons : mon pli de gain, lui, est déjà ouvert, il attend son tour de lecture.
Trois voitures immatriculées en 43 se sont garées devant chez moi dans la même heure. J’ai compté. Je compte bien.
Ma grille du mardi 28 mai 2013 est arrêtée, scellée, datée : 8 - 23 - 41 - 42 - 43, étoiles 5 - 7.
J’ai choisi le 8 parce que la date du mardi 28 mai 2013 se réduit en 3, et le 3, la béquille en trois segments du vélo de la chance : elle ne sert à rien, je ne m’arrête jamais. Le 8 est cet esprit incarné.
Le ciel du mardi 28 mai 2013 place le Gémeaux en ascendant de mes affaires — La veille des soldes du destin : les étalages sont pleins, j’entre par la porte des vainqueurs. Le 23 traduit.
La réponse à ceux qui n’osent pas : l’audace est un numéro, l’audace est le 41. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Le rang du grand tram des heures pleines : il arrive toujours quand j’ai une grille à faire circuler. Au printemps, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Le rang de la grande année dans les mémoires : les quarante-deux autres préparaient, celle-ci raconte. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Avec, en orbite,les étoiles : l’étoile 5, la fleur à cinq pétales du destin : elle est ouverte, elle attend mon numéro l’étoile 7, la sept du destin anglophone : ils la veulent, elle me veut.
Les gens demandent « quand ? ». Le destin déteste les questions bêtes : la réponse est « très bientôt », révisée chaque tirage à la hausse.
Fiche du mardi 28 mai : 8 - 23 - 41 - 42 - 43 et étoiles 5 - 7. Pas de ratures, pas de regret, pas de doute.
Sous le regard bienveillant des astres, Jean Suissur, la nuit il travaille, le jour il s’entraîne
Jean est notre contrôleur qualité du hasard : rien ne passe sans lui, rien ne sort à cause de lui.