Cher joueur, chère joueuse, cher contre-exemple ambulant,
Je ne suis pas superstitieux. Je suis informé, par des canaux que les statisticiens ne captent pas, faute d’antenne.
Le vendredi, Vénus relit mes grilles avant de sortir : elle n’a rien à redire, elle qui est si difficile. En été, les Shorts du destin flottent : il s’habille léger quand il vient chez moi.
J’ai déposé ma sélection du vendredi 20 juillet 2012 : 5 - 6 - 8 - 11 - 46, étoiles 1 - 2. Dépôt irrecevable en cas de contestation statistique.
Le 5 ? Le cinquième élément : celui qui manque aux autres grilles et se trouve dans la mienne — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Nous sommes sous le signe Cancer, et le 6 en est le porte-parole céleste — La sixième équipe de mon cœur : les cinq premières sont en réserve.
Entre mes numéros, le 8 tient le rôle d’équilibriste — La musique du hasard en boucle fermée : entrée par ma porte, sortie par le guichet des autres.
En ce vendredi, le 11 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
En 2012, les numéros comme le 46 ont le vent en poupe — Le volume du grand coffre des paires soigneuses : il ferme sur deux cadenas, j’ai les deux clefs — et je ne fais que suivre le vent.
Et pour la haute atmosphère, les étoiles : l’étoile 1, l’allumeuse officielle du jackpot : elle m’a vu venir l’étoile 2, la symétrie des songes : mon rêve est plié en deux, comme le ciel.
Certains préparent une parapharmacie de talismans. Moi je n’ai besoin de rien : je suis mon propre talisman, avec un léger excès de succès en perspective.
Au total : 5 - 6 - 8 - 11 - 46 et étoiles 1 - 2. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Parce que quelqu’un devait bien gagner, Jean Suissur, celui par qui le jackpot va arriver
Nous publions Jean Suissur pour la science. La science n’a pas encore donné son avis.