À ceux qui croient au travail, et à moi,
Mon banquier m’a demandé si j’avais un « plan ». J’ai répondu que le plan tenait en une grille, et il n’a pas su quoi répondre — preuve que le plan est bon.
Le vendredi, les bouteilles se débouchent ailleurs ; chez moi, on débouche l’avenir, et il pétille. En hiver, le destin travaille au chaud : son bureau est chez moi, on a dit. Décembre, les colis convergent vers les sapins : le mien converge depuis la sphère, il a un suivi, il est arrivé à 98 %.
Ce vendredi 21 décembre 2012, je déploie : 1 - 25 - 27 - 44 - 47, étoiles 1 - 5. Le déploiement est complet, le destin est prévenu.
Le début de tout ce qui compte, y compris les comptes en banque — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 25 ne joue pas seul — L’étape de la longue marche où le guide sourit : on approche, il connaît la fin, moi aussi — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Le 27 rejoint la numérologie du jour : la date du vendredi 21 décembre 2012 se réduit en 2, et le 2, la poignée et la serrure : elles travaillent ensemble, et elles connaissent ma main. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Sous Sagittaire, le 44 a le vent astral derrière lui — Le tour du grand jardin des doubles promesses : tout ce qui y est planté pousse par deux, moi par quatre. Je n’invente rien, je rapporte.
Dans ma grille figure le 47. Le nombre favori des maniaques de fiction des années 70 : une célébrité discrète, et c’est la discrétion qui gagne, et c’est peu de le dire.
Je n’oublie pas les étoiles — l’étoile 1, le phare des billets gagnants : je suis le bateau l’étoile 5, la queue de la Grande Ourse que personne ne voit — moi je l’ai vue.
J’ai additionné mes numéros : 144. Réduction : 9 — la gestuelle du gain : neuf comme un renouveau, neuf comme un chèque. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
On dit « à chacun son tour ». Mon tour est un standing.
Bilan du vendredi 21 décembre 2012 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Jean Suissur, l’optimiste diplômé de l’école de la vie (major de promo)
Édito publié tel quel. Jean Suissur, membre de l’équipe, n’a statistiquement jamais raison — et il ne désespère jamais.