À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
Ma grand-mère disait : « Jean, un jour, ça paiera. » Elle disait vrai sur tout, sauf sur le délai.
Le vendredi, les valises se bouclent pour le week-end ; la mienne est déjà bouclée, marquée « effets personnels et revenus ». En automne, les signes sont plus épais : brume le matin, chèque le soir. Octobre, les récoltes de l’automne : j’ai semé au printemps, je récolte en gros.
J’annonce pour le vendredi 3 octobre 2008 : 2 - 10 - 29 - 31 - 33 — étoiles 4 - 5 à l’intendance.
La balance du zodiaque : elle a tranché en séance privée, verdict en ma faveur. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
On m’a demandé pourquoi le 10. Réponse : Le compte rond du destin : zéro centime de retenue sur mes rêves. Question suivante ?
Dans ma grille figure le 29. Le février qui déborde : un jour de plus pour cocher, et c’est peu de le dire.
Automne : La fin du mois qui ouvre la suite : chez moi, les fins sont des débuts. La saison appelle le 31, je n’ai fait qu’exécuter.
Le 33 était prévisible dès 2008 : L’âge de raison des boules : à partir de celui-là, elles sortent par devoir. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Les étoiles m’accompagnent : l’étoile 4, le phare des voyageurs : elle éclaire ma route de chèque l’étoile 5, la fleur à cinq pétales du destin : elle est ouverte, elle attend mon numéro.
La somme de ma grille fait 105, soit une racine de 6 — le sucre en poudre des beignets réussis : six grammes de plus par fortune, c’est la recette du destin. Le total est signé.
Je ne fuis pas la misère : je l’excuse poliment et je continue mon chemin de milliardaire en probation.
Au total : 2 - 10 - 29 - 31 - 33 et étoiles 4 - 5. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Sur les conseils de personne, Jean Suissur, à contre-courant des courbes — par goût
Note du site : aucune des certitudes de Jean n’est vérifiable, sauf une — ses grilles sont bien du hasard intégral, et le palmarès le documente.