Cher confrère du dimanche,
La modestie est une qualité de gens qui n’ont pas mes informations.
Voici ce qui jouera pour moi le vendredi 27 avril 2007 : 13 - 20 - 30 - 36 - 50 et étoiles 2 - 4. Le reste du billet est décoratif.
Nous sommes au printemps, et le 13 s’y sent chez lui — La treizième roue du char du destin : de secours, polie, insurmontable.
Le 20 était prévisible dès 2007 : Les doigts du destin grand ouverts : dix par main, les deux tendus vers ma grille. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Nous sommes sous le signe Taureau, et le 30 en est le porte-parole céleste — Le silence des compteurs avant la bombe : retenez votre souffle, surtout vous.
Entre mes numéros, le 36 tient le rôle d’équilibriste — Le chapelet des grandes heures comptées : trois douzaines de victoires, aucune à renvoyer.
On m’a demandé pourquoi le 50. Réponse : Le billet préféré de mon portefeuille : large, sérieux, toujours à l’aise en société. Question suivante ?
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 2, le jumeau lumineux : ce qu’elle voit, elle le signale au destin l’étoile 4, la maison des songes : quatre murs, un toit, plein de billets.
Le vendredi, la semaine achève sa ronde : elle finit toujours chez moi, pour cause de gain. Au printemps, tout fleurit sauf le doute : il a été givre, il a fondu. Avril, les averses lavent les grilles faibles : les miennes sont imperméables.
L’horloge de la mairie sonnait 15 heures quand j’ai fini ma grille. La mairie ne sonne jamais pour rien.
Le jackpot arrive. Je ne sais pas quand. Si, en fait : la prochaine fois.
Bilan du vendredi 27 avril 2007 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Pensées positives facturées à part, Jean Suissur, la chance l’appelle « patron »
Éditorial satirique : les certitudes de Jean sont fictives, ses « gains garantis » avec elles — seul le palmarès est réel.