Chères têtes brûlées du loto,
Tout le monde veut la formule magique. La formule, c’est moi. La magie, c’est le chèque à venir.
J’ai laissé parler les choses : 7 - 22 - 30 - 38 - 39 et étoiles 4 - 11, dans cet ordre, sans hésiter une seconde.
Le 7 rejoint la numérologie du jour : la date du vendredi 2 novembre 2007 se réduit en 4, et le 4, la solidité du carré : on peut construire un placard à chèques dessus. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Nous sommes sous le signe Scorpion, et le 22 en est le porte-parole céleste — La paire de mains qui servent le café du destin : l’une tient la tasse, l’autre me tend la note, honorée en billets.
Automne : La moitié de la soixantaine de mon talent : l’autre moitié ne compte pas, elle est acquise. La saison appelle le 30, je n’ai fait qu’exécuter.
Entre mes numéros, le 38 tient le rôle d’équilibriste — Le degré de la pente douce du destin : on descend en riant, la luge est chargée de billets.
Le 39 était prévisible dès 2007 : Le tour de la grande fête foraine : dernier manège, tout le monde descend, moi je reste. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Et pour la haute atmosphère, les étoiles : l’étoile 4, le cardinal des veilleurs : nord, sud, est, et mon tirage l’étoile 11, l’heure du songe : onze heures onze, c’est mon heure de gloire.
Le vendredi, Vénus distribue ses deux faveurs : l’amour et l’argent ; je suis servi deux fois, et jamais à moitié. En automne, la pluie lave les espoirs faibles : le mien est déperlant.
La chance sourit aux audacieux, dit-on. Moi elle m’a laissé son numéro de téléphone, on se parle souvent.
Fiche du vendredi 2 novembre : 7 - 22 - 30 - 38 - 39 et étoiles 4 - 11. Pas de ratures, pas de regret, pas de doute.
Fier comme une grille de dix, Jean Suissur, l’homme qui rend le destin ponctuel
Jean Suissur assume l’intégralité de ses certitudes. L’équipe assume de les publier : c’est notre part d’humour.