Aux âmes bien nées du hasard, c’est-à-dire rares,
D’autres jouent. Moi, j’arrive. La nuance, vous la verrez sur le palmarès des prochains mois — ou pas, ce qui prouverait surtout la modestie des chiffres.
Le vendredi 21 avril 2006 verra cette combinaison : 3 - 6 - 17 - 32 - 43, étoiles 1 - 4. Je l’ai vérifiée trois fois, à trois humeurs différentes.
La tripartition céleste du tirage : ciel, boules, moi — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
J’ai choisi le 6 parce que la date du vendredi 21 avril 2006 se réduit en 6, et le 6, l’hexagone de la raison : la géométrie du destin est française en ce moment, ça m’arrange. Le 6 est cet esprit incarné.
Nous sommes au printemps, et le 17 s’y sent chez lui — L’outsider que les cotes ignorent : c’est exactement quand il faut le jouer.
Le vendredi porte la signature du 32 : Le degré idéal de la cave à liasses : l’or s’y conserve mieux que les promesses des autres. Le calendrier approuve, je coche.
Parlons du 43. Le nombre des gens qui gagnent discrètement : vous ne les entendez jamais, vous verrez juste mon sourire.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 1, la scoute du destin : elle repère, elle signale, elle me suit l’étoile 4, la maison des songes : quatre murs, un toit, plein de billets.
Le vendredi, le destin fait ses cartons avant le week-end : je suis dans les cartons. Au printemps, les abeilles préparent le miel : je prépare le mien, en plus liquide.
La somme de ma grille fait 101, soit une racine de 2 — le face-à-face du grand match : le hasard d’un côté, moi de l’autre, l’arbitre a déjà sifflé. Le total est signé.
Une pie s’est posée à 3 mètres de moi. Une seule. Elle est repartie d’un pas décidé.
Gagner n’est pas une question de chance, c’est une question d’horaire. Mon horaire est flexible, mon destin aussi.
Ce que je joue au vendredi 21 avril 2006 tient en une phrase : 3 - 6 - 17 - 32 - 43, et étoiles 1 - 4 pour tenir ma main.
Jean Suissur, celui que le hasard appelle « chef »
Cet édito n’engage que l’équipe d’écriture, à savoir Jean, à savoir personne d’autre.