Mes salutations aux doux rêveurs et mon mépris aux râleurs,
Mon médecin me dit de « rester réaliste ». Mon médecin conduit une Clio. Je note, je pondère, je continue.
Au samedi 2 décembre 2017, je présente fièrement : 7 - 8 - 15 - 20 - 47, n° Chance 6. La fierté est un carburant homologué.
Cerise sur la grille, le n° Chance : le 6, la chance des six voix : elle chante ma partition.
Entre mes numéros, le 7 tient le rôle d'équilibriste — La chance des chanceux les plus chanceux : je suis en haut de cette pyramide, avec un drapeau.
Dans ma grille figure le 8. La billard français du destin : il rejoue, il rejoue, il rejoue pour moi, et c'est peu de le dire.
Hiver : Le triple cinq aligné : triple série, triple arrogance souriante, triple chèque. La saison appelle le 15, je n'ai fait qu'exécuter.
En ce samedi, le 20 avait l'allure d'un favori qui connaît le public.
En 2017, les numéros comme le 47 ont le vent en poupe — Le quarante-septième bougie : soufflez quarante-sept fois, le destin retient sa respiration — et je ne fais que suivre le vent.
Mon stylo a laissé tomber sur 7, page ouverte, comme on laisse tomber une vérité.
Dans le bus, un monsieur portait un maillot floqué du 7. J'habitais ce quartier depuis vingt ans sans jamais voir ce maillot.
Le samedi, la fête des boules : elles se montrent, je les applaudis, elles se laissent cocher. En hiver, le froid choisit ses élus : les miens portent des gants et signent des chèques. Décembre, le froid pince : la chance n'a pas de bouche à pincer.
Quand le chèque viendra, je le lirai à voix haute, deux fois. Une fois pour moi, une fois pour les cours de probabilités.
Résumé officiel du samedi 2 décembre 2017 : 7 - 8 - 15 - 20 - 47, n° Chance 6. Le reste n'est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
À très bientôt, Jean Suissur, celui que les boules saluent d'abord
Jean dicte, l'algorithme obéit, les probabilités bâillent — et le palmarès note tout.