À quiconque a déjà dit « jamais deux sans trois » sans savoir pourquoi,
Un statisticien a calculé mes chances sur vingt ans. Il a trouvé zéro et il a eu peur de son propre calcul. Je comprends.
Ma grille du vendredi 19 août 2016 est une signature : 2 - 12 - 17 - 36 - 43, avec étoiles 1 - 3 en paraphe.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 1, la boule de cristal du ciel : elle montre mon nom l’étoile 3, la patineuse du zodiaque : triple boucle, atterrissage parfait.
Nous sommes sous le signe Lion, et le 2 en est le porte-parole céleste — La seconde qui précède l’annonce : tout se joue dans cette seconde-là.
Le vendredi porte la signature du 12 : Les douze coups de minuit du destin : il sonne, j’ouvre en peignoir, on savoure. Le calendrier approuve, je coche.
Le 17 ne joue pas seul — La dix-septième lettre de l’alphabet caché du destin : Q comme Quote-part, la mienne — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
J’ai choisi le 36 parce que la date du vendredi 19 août 2016 se réduit en 9, et le 9, les neuf vies du chat du destin : il les a toutes converties en avoirs, au nom de son client préféré. Le 36 est cet esprit incarné.
Parlons du 43. La borne du grand chemin des têtes dures : les sceptiques y plantent leur tente, moi je passe en voiture.
J’ai croisé 2 marches d’escalier avant que la file n’avance. J’ai arrêté de compter là, par respect.
Le vendredi, les mots de fin de semaine fusent : le mien est un mot de passe, celui du coffre. En été, les mains bronzent et les grilles mûrissent : le tout, avec patience. Août, le mois des plages et des tirages tranquilles : le destin déjeune sur le pouce chez moi.
Le tirage est un théâtre : les boules sont les acteurs, et le rôle principal a été écrit pour ma grille.
Fiche du vendredi 19 août : 2 - 12 - 17 - 36 - 43 et étoiles 1 - 3. Pas de ratures, pas de regret, pas de doute.
La modeste future légende des tabacs-presse, Jean Suissur, l’élu des boules pudiques
Cet édito n’engage que l’équipe d’écriture, à savoir Jean, à savoir personne d’autre.