À ceux qui ont encadré un ticket, et à ceux qui devraient,
Certaines personnes méditent. D’autres prient. Moi, je reçois des numéros — avec régularité, et sans rendez-vous.
Pour le tirage du vendredi 23 octobre 2015 : 7 - 9 - 14 - 43 - 48. Et étoiles 2 - 6 en gardien du seuil.
Je n’oublie pas les étoiles — l’étoile 2, la gardienne des seuils : elle ouvre à qui elle reconnaît l’étoile 6, la statuette du ciel : récompense annuelle de la profession.
Le vendredi porte la signature du 7 : Les sept couleurs de l’arc-en-ciel du gain : le violet est ma couleur préférée, par hasard. Le calendrier approuve, je coche.
Parlons du 9. La gestation du destin — au bout, il y a une naissance, et elle est adorable.
Sous Scorpion, le 14 a le vent astral derrière lui — La bougie d’anniversaire de ma confiance : le gâteau est plus gros chaque année. Je n’invente rien, je rapporte.
J’ai choisi le 43 parce que la date du vendredi 23 octobre 2015 se réduit en 5, et le 5, le changement : les banquiers détestent ça, les vies en profitent. Le 43 est cet esprit incarné.
Le 48 était prévisible dès 2015 : Le lit du grand château des hivers tranquilles : dormez, le destin veille, il ne travaille que pour moi. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
La boulangère n’avait plus que 9 croissants. J’ai compris que le reste du monde serait en manque.
Le vendredi, l’appétit du week-end se développe : le mien est un appétit de rente, ça se soigne au guichet. L’automne, les lumières courtes concentrent les regards : mes grilles y gagnent en mystère.
Un jour, mes grilles seront vendues aux enchères comme manuscrits. Ce jour-là, pensez à enchérir tôt.
Au total : 7 - 9 - 14 - 43 - 48 et étoiles 2 - 6. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Dans le bruit des boules, une voix : la mienne, Jean Suissur, la probabilité faite chair
Éditorial satirique : les certitudes de Jean sont fictives, ses « gains garantis » avec elles — seul le palmarès est réel.