Chers voisins de file d’attente, cette fois c’est du sérieux,
On m’a offert un livre sur les statistiques en 2011. Je m’en sers toujours : il maintient la porte du garage ouverte, à la bonne hauteur.
Au vendredi 30 janvier 2015, je présente fièrement : 25 - 30 - 31 - 35 - 43, étoiles 1 - 5. La fierté est un carburant homologué.
En ce vendredi, le 25 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
La trentième marche de l’escalier de la victoire : l’escalier continue, la victoire continue — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 31 rejoint la numérologie du jour : la date du vendredi 30 janvier 2015 se réduit en 3, et le 3, le trident du destin : il pique les fortunes qui traînent et les envoie chez les gens méritants. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Le contour du chapeau du destin : ni trop large pour être vu, ni trop étroit pour cacher mes gains. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
La longueur du grand pull tricoté serré : aucune maille lâche, aucun doute ne passe. En hiver, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Le vendredi, la semaine finit, la chance commence. En hiver, le destin allume le chauffage chez qui il aime : il aime chez moi, c’est noté au compteur. Janvier, l’an neuf sous la neige des tirages passés : je déneige à la main.
Question ciel, j’ai mes étoiles : l’étoile 1, la première de la constellation : les autres ne font que la précéder l’étoile 5, la main du firmament : elle compte sur moi.
Trois voitures immatriculées en 35 se sont garées devant chez moi dans la même heure. J’ai compté. Je compte bien.
Le hasard est mon employé. Il arrive en retard depuis des années, mais personne n’échappe à la paie.
Je résume pour les archives : 25 - 30 - 31 - 35 - 43, étoiles 1 - 5, le vendredi 30 janvier 2015. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Pensées positives facturées à part, Jean Suissur, l’étincelle du guichet
Signé par Jean Suissur, relu par personne, contredit par les faits.