Au représentant des probabilités présent dans la salle,
On m’a proposé une émission. J’ai refusé : le destin n’est pas un plateau télé, c’est un guichet.
Ma grille du vendredi 31 octobre 2014 est arrêtée, scellée, datée : 14 - 18 - 23 - 41 - 50, étoiles 7 - 10.
On m’a demandé pourquoi le 14. Réponse : Les quatorze arrêts de ma route vers le guichet : quinze, c’est trop, quatorze c’est précis. Question suivante ?
Dix-huit bougies sur le gâteau du tirage : une par numéro trouvé. L’année 2014 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Automne : Le rang du grand cru dans la carte du destin : commande unique, cave réservée, l’étiquette porte mon nom. La saison appelle le 23, je n’ai fait qu’exécuter.
Le ciel du vendredi 31 octobre 2014 place le Scorpion en ascendant de mes affaires — La deuxième corde de la lyre du destin : elle donne le La, les autres s’accordent sur moi. Le 41 traduit.
Le palier de la grande tour des vies remplies : demi-siècle monté, étage réservé, vue sur la banque. Et c’est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Et pour la haute atmosphère, les étoiles : l’étoile 7, la septième porte du ciel étoilé — je l’ai trouvée, elle était mal fermée l’étoile 10, la décade de la victoire : dix jours, dix signes, dix chances — la mienne compte double.
Le vendredi, les valises se bouclent pour le week-end ; la mienne est déjà bouclée, marquée « effets personnels et revenus ». En automne, les comptes se font à la lumière des lampes : mes lampes sont neuves. Octobre, le mois des récoltes : on récolte ce que l’on a coché, c’est la loi. Halloween, la nuit où les voiles s’amincissent : on voit les numéros à travers, c’est technique — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier. le 31 octobre, les déguisés frappent aux portes ; le destin, lui, entre sans frapper — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier. le dernier jour du mois : les fins de série m’appartiennent, c’est connu jusqu’ici — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier. Halloween, les citrouilles brillent : la mienne est éteinte, les lumières du gain ne se partagent pas — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier.
146. Réduit à 2 : les deux roues de la bicyclette de la réussite : on n’avance qu’avec les deux, la mienne a les deux. Je n’invente pas les règles, je les lis.
L’ascenseur s’est arrêté à l’étage 41. Il n’y a que 5 étages. Réfléchissez.
Une clé a tourné seule dans la serrure de l’entrée. Elle n’a ouvert que le sens du tirage.
Un jour, mes grilles seront vendues aux enchères comme manuscrits. Ce jour-là, pensez à enchérir tôt.
Au total : 14 - 18 - 23 - 41 - 50 et étoiles 7 - 10. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Confiant au point de faire peur, Jean Suissur, en licence d’immortalité
Les éditos de Jean sont figés une fois écrits, comme ses convictions. Seul le chèque reste mobile.