Cher adversaire du hasard, le hasard a lu vos papiers,
J’ai essayé la modestie une semaine en 2003. Résultats catastrophiques : jamais plus.
Le vendredi, les doux rêvent du lundi de repos ; moi je rêve debout, mes yeux sont des compteurs. Au printemps, tout renaît : les fleurs, les maris qui tondent, et mes chances qui n’étaient jamais mortes. Mars, Mars me salue au passage : collègues de la première heure, on ne se raconte pas que des histoires.
Ma combinaison du vendredi 27 mars 2009 tient en une ligne : 23 - 24 - 33 - 41 - 46 et étoiles 3 - 5. Les lignes suivantes ne font que l’expliquer aux moins doués.
Nous sommes sous le signe Bélier, et le 23 en est le porte-parole céleste — Le maillot du virtuose du panier : tout le gymnase le réclame, la légende me le laisse.
On m’a demandé pourquoi le 24. Réponse : Les vingt-quatre heures qui décident de tout : mon tirage est dans la fenêtre. Question suivante ?
La légende vivante des âges sacrés : je me lève avant lui par respect. Au printemps, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Le 41 ? La marche de l’escalier de service du grand hôtel : c’est par là que les fortunes entrent, en silence — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Entre mes numéros, le 46 tient le rôle d’équilibriste — Le siège du grand train des jumeaux heureux : places accolées, destination unique, le guichet.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 3, la patte de lapin du firmament : plus puissante que la patte, moins fournie l’étoile 5, la main du firmament : elle compte sur moi.
167. Réduit à 5 : la quinte flush des émotions : elle se joue en famille, à côté des boules qui regardent. Je n’invente pas les règles, je les lis.
Mon discours de réception du chèque est prêt depuis des années. Il est excellent, d’ailleurs.
Je résume pour les archives : 23 - 24 - 33 - 41 - 46, étoiles 3 - 5, le vendredi 27 mars 2009. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Toujours aussi sûr de moi, Jean Suissur, gagnant en attente d’être, mais déjà célébré
Cet édito n’engage que l’équipe d’écriture, à savoir Jean, à savoir personne d’autre.