Chères âmes égarées des files de bureau de tabac,
Une vie sans certitudes n’est pas une vie : c’est une feuille de calcul.
J’ai arrêté mon vendredi 4 février 2005 : 17 - 23 - 28 - 38 - 42, étoiles 1 - 3. L’arrêt est définitif, le gain provisoirement différé.
Dans ma grille figure le 17. Nombre que l’Italie redoute et que l’Italie a tort de redouter — le courage est un numéro, et c’est peu de le dire.
Le ciel du vendredi 4 février 2005 place le Verseau en ascendant de mes affaires — La légende des parquets : décisive, insaisissable pour les autres. Le 23 traduit.
On m’a demandé pourquoi le 28. Réponse : Le cycle du lancement parfait : phase pleine sur mon seul horizon. Question suivante ?
Le calibre du destin de chasse : tir choisi, cartouche pleine de billets. Et c’est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Nous sommes en hiver, et le 42 s’y sent chez lui — La borne du grand périphérique du destin : sortie directe vers le guichet, jamais d’embouteillage.
Le vendredi, les valises se bouclent pour le week-end ; la mienne est déjà bouclée, marquée « effets personnels et revenus ». En hiver, le froid choisit ses élus : les miens portent des gants et signent des chèques.
Et pour la haute atmosphère, les étoiles : l’étoile 1, l’allumeuse officielle du jackpot : elle m’a vu venir l’étoile 3, la ceinture de l’Orion en miniature : alignée, nette, sérieuse.
J’ai vu une voiture de pompiers s’arrêter devant le tabac. Personne n’est sorti. Le message était pour moi.
Ma destinée a un numéro de suivi. Il est en transit depuis des années — le destin livre au moment opportun, parfois en plusieurs colis.
Résumé officiel du vendredi 4 février 2005 : 17 - 23 - 28 - 38 - 42, étoiles 1 - 3. Le reste n’est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
Confiant au point de faire peur, Jean Suissur, l’évidence qui s’assume
Nous rappelons que Jean Suissur parle en son nom. Le hasard n’a pas donné de mandat, il exécute quand même.