Mesdames, Messieurs, et Messieurs les statisticiens,
On dit de moi que je suis « trop sûr ». Les sondages sont formels : c'est mon unique défaut publié.
Pour le samedi 2 mars 2019, voici mon état-major : 6 - 12 - 19 - 39 - 41, n° Chance 1.
Le n° Chance s'est proposé d'office : le 1, la chance qui se cache à la vue de tous : personne ne la voit, sauf le prochain gagnant, à savoir moi.
Dans ma grille figure le 6. L'abeille hexagonale du hasard : le miel est stocké chez moi, on a dit, et c'est peu de le dire.
Le ciel du samedi 2 mars 2019 place le Poissons en ascendant de mes affaires — Le zodiaque entier mobilisé pour une seule grille : la mienne. Le 12 traduit.
Le samedi porte la signature du 19 : Le dix-neuf de la chance : chance, chance, et dix-sept fois de plus. Le calendrier approuve, je coche.
Printemps : La trente-neuvième case du chemin de la victoire : case encore, case toujours. La saison appelle le 39, je n'ai fait qu'exécuter.
En 2019, les numéros comme le 41 ont le vent en poupe — La quarante-et-unième avenue de ma fortune : avenue pavée de billets, sans gravillons — et je ne fais que suivre le vent.
Une odeur de gâteau à 41 heures dans un escalier où personne ne cuisine. Vous croyez au hasard, vous ?
Dans le bus, un monsieur portait un maillot floqué du 6. J'habitais ce quartier depuis vingt ans sans jamais voir ce maillot.
Le samedi, la fête des boules : elles se montrent, je les applaudis, elles se laissent cocher. Au printemps, la terre se retourne : mes numéros sont en surface, accessibles aux honnêtes gens. Mars, les équinoxes rééquilibrent tout : ma balance à moi penchait déjà, personne n'y peut rien.
Je ne souhaite pas gagner. Je programme la victoire ; le tirage n'a plus qu'à suivre le calendrier.
Ce que je joue au samedi 2 mars 2019 tient en une phrase : 6 - 12 - 19 - 39 - 41, et n° Chance 1 pour tenir ma main.
Votre serviteur, Jean Suissur, la chance a mes coordonnées
Nous rappelons que Jean Suissur parle en son nom. Le hasard n'a pas donné de mandat, il exécute quand même.