Chers parieurs du dimanche, chers géomètres du vide,
Le destin ne parle pas fort. Il parle précisément. Et quand il dit « Jean », je réponds « présent ».
Un pigeon a traversé en diagonal devant ma fenêtre. Les diagonales sont mon format préféré.
La boulangère m'a gardé le dernier 11 de côté. Personne ne garde 11 de côté par hasard.
Grille du vendredi 2 mai 2014, dictée par une voix intérieure très organisée : 2 - 11 - 39 - 43 - 48, étoiles 7 - 8.
En ce vendredi, le 2 avait l'allure d'un favori qui connaît le public.
On m'a demandé pourquoi le 11. Réponse : Les onze joueurs du terrain du hasard : capitaine désigné, il ressemble à moi. Question suivante ?
Le triple treize du destin bis : deux fois l'anormal, deux fois la victoire. Au printemps, ce genre d'énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Le quarante-troisième bougie : soufflez quarante-trois fois, le destin retient sa respiration. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Nous sommes sous le signe Taureau, et le 48 en est le porte-parole céleste — Le quarante-huit de la chance : chance, chance, et quarante-six fois de plus.
Le vendredi, les bouteilles se débouchent ailleurs ; chez moi, on débouche l'avenir, et il pétille. Au printemps, les abeilles préparent le miel : je prépare le mien, en plus liquide.
Et pour la haute atmosphère, les étoiles : l'étoile 7, la merveille culminante : les six autres sont des apprenties l'étoile 8, l'octave du songe : même note, volume de victoire.
143. Réduit à 8 : l'abondance qui ne demande qu'à être signée. Je n'invente pas les règles, je les lis.
Je ne mise pas gros : je mise sûr. Le « sûr » ne s'est pas encore manifesté, c'est tout.
Au total : 2 - 11 - 39 - 43 - 48 et étoiles 7 - 8. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Au guichet comme à la ville, Jean Suissur, docteur honoris causa du presque-sûr
La rubrique est imaginative, les chiffres ne le sont pas : voir le palmarès.