Chères âmes égarées des files de bureau de tabac,
On m'a proposé une émission. J'ai refusé : le destin n'est pas un plateau télé, c'est un guichet.
Le lave-vaisselle a bipé 46 fois. La machine est neuve, le bip est récent, le message ne l'est pas.
J'ai arrêté mon vendredi 7 mars 2008 : 7 - 14 - 36 - 46 - 49, étoiles 5 - 11. L'arrêt est définitif, le gain provisoirement différé.
Le 007 du tirage : licence de gagner, renouvelée sans frais. Au printemps, ce genre d'énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
La double chance de mon grand-père, qui jouait le 14 « pour le rhume » : le rhume est guéri, la chance est chronique. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Le 36 rejoint la numérologie du jour : la date du vendredi 7 mars 2008 se réduit en 2, et le 2, l'alliance : le destin et moi, on se doit des explications — bientôt réglées en centimes. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Nous sommes sous le signe Poissons, et le 46 en est le porte-parole céleste — La moitié du 92, le double du 23 : un numéro de famille nombreuse, habituée aux successions.
Le 49 ? Le quarante-neuf du destin en version écossaise : le Kilt du destin, il est à carreaux, les carreaux sont gagnants — je l'ai intégré en connaissance de cause.
Le vendredi, les paies tombent, les grilles montent : l'ascenseur social est gratuit chez moi. Au printemps, tout le monde jardine : moi je gazonne de certitudes.
Avec, en orbit, les étoiles : l'étoile 5, la quinte céleste : cinq branches, cinq vœux, cinq victoires l'étoile 11, la paire de maîtres célestes : elles m'appellent « patron ».
J'ai additionné mes numéros : 152. Réduction : 8 — l'infini couché sur mon billet : il dort, il grandit. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Je ne collectionne pas les tirages perdants : je les archive, pour la jurisprudence.
En résumé, pour le tirage du vendredi 7 mars 2008 : 7 - 14 - 36 - 46 - 49, et étoiles 5 - 11. Les facteurs sont réunis, la grille est signée, l'issue est une formalité.
Certain que le prochain tirage est le bon, comme les précédents, Jean Suissur, premier de la grille au finish
Jean Suissur rédige ses éditos sans relecture : ses certitudes n'ont jamais besoin de correcteur.